Aimer – P. Bosmans

Ne pèse pas trop vite ton amour comme un épicier.
Ne calcule pas à l’avance combien tu donneras, jusqu’où pourra aller ton amour.
Laisse à ton amour sa spontanéité.
L’amour pesé et mesuré n’est plus de l’amour. C’est du calcul.
Il te manque alors la joie.
Cet amour ne te rend pas heureux.

Et tu vis dans l’indifférence ;
Tous les jours sont pour toi comme un voyage long et ennuyeux.
Tu n’auras donc jamais chaud à l’intérieur de toi.
Tu n’auras jamais envie de danser ni de chanter.

L’amour spontané est fantastique.
L’amour spontané pour ton mari, ta femme, tes enfants, ton père et ta mère,
pour un enfant abandonné dans la rue,
pour un homme qui souffre ou pour un être repoussé.

L’amour spontané est un don qui te soulève jusqu’au niveau le plus élevé des délices humains.
Rappelle-toi bien : ce n’est pas ce que tu possèdes qui fera ton abondance, mais bien au contraire ce que tu savoures.

Si tu es capable de savourer le plaisir d’une fleur, d’un sourire, d’un jeu d’enfant,
tu es plus riche et plus heureux que l’homme le plus riche :
il a tout ce dont il peut rêver et cependant il reste insatisfait,
incapable de savourer quoi que ce soit parce qu’il est emprisonné dans ses propres richesses.